Dernière mise à jour: Jeudi 5 juin 1997
Dernière mise à jour: Mardi 25 décembre 2012
Dernière mise à jour: Samedi 26 décembre 2015
EN TRAVAUX
Créationnisme et évolutionnisme
Observation des pensées

J'ai longuement hésité avant d'écrire cette page car si le sujet dans ma tête en est clair, écrire sans mots n'est guère évident.
Je souhaite faire ici la promotion (rassurez-vous, je n'ai rien à vendre) d'une façon spéciale de penser que nous avons tous déjà expérimentée à une occasion ou à une autre.

Pour ma part, je pense que le premier écrit que j'ai rencontré à ce sujet est un paragraphe intitulé "HADAMARD et la pensée sans les mots" du livre "Nous, la particule et le monde" de Basarab Nicolescu. La pensée sans les mots semble être un maillon indispensable dans le travail de la découverte scientifique. C'est à mon sens la source qui doit être par la suite validée par la démonstration et couchée en mots afin de pouvoir être communiquée à autrui.

Plus tard, j'ai suivi le Nouvel Enseignement Tchan, sorte de cours par correspondance qui fait la part belle à ce mode de pensée. Pour information, le Boudhisme, issu de l'Inde, a donné le Tchan  en Chine avant de devenir le Zen au Japon. Tchan est parfois orthographié Tch'an ou Ch'an.
La pensée sans les mots y est le plus couramment dénommée pensée perceptive.

Gurdjieff, au travers de la plume d'Ouspensky,  accorde également beaucoup d'importance à cette forme de pensée sous le nom de "rappel de soi".

J'ai également retrouvé la pensée sans les mots dans les rotations de conscience (yoganidras) que l'on pratique dans la relaxation en yoga.

Le makyo, le zen-byo: La simple pratique de la pensée sans les mots me semble être plutôt une "mèdecine douce" par raport à la méditation telle qu'elle se pratique par exemple en zazen mais il semble quand même opportun de signaler la possibilité d'effets indésirables lorsqu'au départ l'inconscient est bien saucissonné. J'ai pris pour ma part connaissance du makyo dans le livre "Science et Conscience, les deux lectures de l'univers" dans un texte de Yujiro Ikemi intitulé "Les états modifiés de conscience". Ces troubles proviennent apparement lorsque l'on ramène en surface trop brutalement des éléments de l'inconscient. N'étant pas psychanalyste, je pourrais guère m'étendre à ce sujet. Un proverbe zen dit (grosso modo): "pour l'adepte sur la voie, les montagnes ne sont plus des montagnes, ni les riviéres des rivières. Lorsque l'Eveil est atteint, les montagnes redeviennent des montagnes et les rivières des rivières". D'aprés Yujiro Ikemi, ces inconvénients seraient également signalés par Sainte Thérèse d'Avila, qui compte parmi les premiers mystiques chrétiens, dans son livre "Castillo Interior de Las Moradas", au sujet de la prière méditative.

La pensée sans les mots qui semble être à l'origine dans le processus de la découverte scientifique, semble être également une expérience mystique d'union avec Dieu . Pour les athées ou les astronomes, remplacez "Dieu" par "Univers", pour les musulmans par "Allah", pour les taoïstes par "Tao", bref on se comprend ... D'ailleurs, à mon sens, plutôt qu'une simple retrouvaille, c'est la prise de conscience d'une union qui a été, est et sera toujours.

Pour terminer, une de mes formules faites maison:
    Hier
           est
                Ailleurs,
        Ici
            est
                 Maintenant.
Elle m'a été inspirée par le Nouvel Enseignement Tchan. Mais j'aime aussi y voir ce que nous apprend la Relativité d'Einstein. Le temps est une dimension (presque...) comme une autre. Effectivement, notre conscience semble aller dans un seul sens du temps, évidemment la thermodynamique connaît plusieurs effets irréversibles. Mais çà n'empêche pas que les physiciens de l'infiniment petit ont pu dégotter des particules capables de partir à rebroussse-temps...
Mon sentiment est qu'il faut beaucoup de temps à la société pour assimiler philosophiquement ce que peut nous suggérer la science. Que penser des électrons qui arrivent à être à deux endroits distincts à la fois ? Bien sûr çà ne marche qu'au niveau de l'infiniment petit, mais quand même.
Les mathématiques mêmes sont à mon avis différentes de ce que l'on pense généralement. Les nombres complexes sont une mine d'or pour la réflexion. Ces nombres qui constituent un outil trés efficace dans des domaines comme l'électronique sont composés de nombres réels et de nombres imaginaires. Mathématiquement parlant, les nombres complexes ne sont pas toujours réels, et les nombres réels ne sont pas toujours rationnels. Et pourtant, c'est trés efficace pour calculer un poste de radio ou de télévision... Les nombres complexes peuvent vous diviser par deux le nombre d'équations à traiter.

Références bibliographiques:

"Nous, la particule et le monde" de Basarab Nicolescu, collection science et conscience, éditions Le Mail.
"Fragments d'un Enseignement inconnu" de Ouspensky, éditions Stock
"Science et Conscience, les deux lectures de l'univers", France Culture/Colloque de Cordoue, éditions Stock.